Observation de la nature | Devenez acteur de la science participative en France
Participez à des projets scientifiques en observant la nature autour de vous. Que ce soit dans votre jardin, un parc local ou lors de randonnées, vos observations aident les chercheurs à mieux comprendre la biodiversité et les changements environnementaux.
Introduction Visuelle
Anticipation
Ce matin-là, en me réveillant, j'ai senti une excitation inhabituelle. J'avais prévu ma première sortie d'observation naturaliste dans le parc des Buttes-Chaumont, mon carnet de terrain flambant neuf dans mon sac. La veille, j'avais passé des heures à feuilleter mon guide des oiseaux d'Île-de-France, essayant de mémoriser les différences entre la mésange charbonnière et la mésange bleue. "Et si je ne voyais rien ?", me suis-je demandé en enfilant mes chaussures de randonnée. J'avais téléchargé une application d'observation de la nature, recommandée par un collègue, mais je doutais de ma capacité à reconnaître quoi que ce soit. Pourtant, quelque chose me poussait à y aller, comme une envie de ralentir et de vraiment voir ce qui m'entourait après des mois à ne faire que passer devant sans regarder.
Dans le métro, j'observais mes voisins avec un œil nouveau. "Ils se doutent que je vais faire ma première sortie naturaliste ?" me suis-je amusé à penser. J'avais préparé mon téléphone, une petite paire de jumelles d'occasion achetée en ligne, et une casquette pour me protéger du soleil d'été. J'étais partagé entre l'excitation de l'aventure et une certaine appréhension de l'inconnu.
Immersion
Dès mes premiers pas dans le parc, j'ai été saisi par une cacophonie de pépiements et de gazouillis. Un merle noir s'est envolé d'un buisson, son cri d'alarme résonnant comme une sonnette d'avertissement pour les autres habitants du parc. Je me suis approché doucement d'un massif de lavande où bourdonnaient des abeilles, leur parfum enivrant se mêlant à l'odeur de terre chaude et d'herbe fraîchement coupée. "C'est comme si j'avais des œillères depuis toutes ces années", ai-je pensé en m'accroupissant pour observer une fourmi traînant une aile de mouche trois fois plus grosse qu'elle.
Mon téléphone a vibré : "Nouvelle observation enregistrée" indiquait l'application après que j'eus photographié une fleur de pissenlit. "Taraxacum officinale", affichait l'écran. Je n'aurais jamais cru qu'une simple "mauvaise herbe" puisse avoir un nom si élégant. Soudain, un éclair bleu a traversé mon champ de vision. Un geai des chênes s'est posé à quelques mètres, son plumage éclatant contrastant avec les feuilles vertes. J'ai retenu mon souffle, craignant que le moindre mouvement ne le fasse fuir. Le temps semblait s'être arrêté. J'ai noté dans mon carnet : "10h37 - Geai des chênes - cri rauque, reflets bleus sur les ailes - se nourrit de glands".
Plus loin, près de l'étang, j'ai découvert un monde miniature de libellules aux ailes irisées qui dansaient au-dessus de l'eau. L'une d'elles s'est posée sur ma main, ses ailes transparentes vibrant légèrement. Je pouvais sentir la chaleur du soleil à travers ses fines membranes. "Voilà ce que c'est que d'être vivant", ai-je pensé, ému par cette rencontre inattendue.
Réflexion
En quittant le parc, j'étais épuisé mais profondément apaisé. Mon téléphone affichait 5,2 km parcourus et plus de vingt espèces identifiées. Pourtant, ce n'était pas ces chiffres qui m'emplissaient d'une étrange sérénité, mais plutôt la sensation d'avoir redécouvert mon environnement avec des yeux neufs. Chez moi, en triant mes photos, j'ai été frappé par la beauté des détails que j'avais capturés : les écailles d'un papillon, la structure délicate d'une toile d'araignée, le regard curieux d'un écureuil.
Ce qui avait commencé comme une simple curiosité était en train de se transformer en passion. J'ai rejoint un groupe d'observation en ligne et découvert une communauté bienveillante de passionnés, toujours prêts à partager leurs connaissances. Trois mois plus tard, j'ai même participé à un comptage d'oiseaux organisé par une association de protection des oiseaux. Aujourd'hui, je ne sors plus jamais sans mon carnet et mon téléphone, et je me surprends à ralentir le pas pour observer une fleur ou écouter le chant d'un oiseau.
L'observation naturaliste a changé ma perception du temps et de l'espace. Ce qui me semblait autrefois être un simple trajet pour aller au travail est devenu une opportunité de repérer des faucons crécerelles sur les toits parisiens. Et quand je vois des gens pressés, le regard rivé sur leur téléphone, je ne peux m'empêcher de sourire en pensant à tout ce qu'ils ne voient pas. Comme disait mon grand-père, un ancien paysan : "Pour voir, il faut d'abord apprendre à regarder." Il avait raison, comme toujours.
- Téléchargez une application d'observation de la nature
- Commencez par observer depuis votre fenêtre ou votre balcon pour vous familiariser avec les espèces communes (moineaux, mésanges, pigeons)
- Apprenez à reconnaître 5-10 espèces d'oiseaux et de plantes courants dans votre région (mésange, merle, pâquerette, pissenlit...)
- Participez à des programmes d'observation comme le comptage des oiseaux des jardins organisé par le Muséum
- Rejoignez un groupe local d'observation (LPO, associations naturalistes) pour apprendre des experts
- Tenez un carnet de bord numérique ou papier pour noter vos observations et suivre vos progrès
- Partagez vos plus belles découvertes avec la communauté en utilisant des mots-clés pertinents
- Participez à des sorties guidées dans les parcs naturels régionaux ou les réserves naturelles proches de chez vous
- Un smartphone avec des applications d'identification d'espèces
- Un carnet de notes et un crayon
- Des vêtements adaptés aux conditions météorologiques
- Une gourde isotherme et de la crème solaire bio
- Un guide d'identification des espèces locales (version papier ou numérique)
- Une loupe de poche pour observer les petits détails
- Un sac à dos léger pour ranger vos affaires
- Un peu de patience et de curiosité
Respectez la faune et la flore en gardant une distance raisonnable. Ne prélevez pas d'échantillons sauvages. Restez sur les sentiers balisés pour préserver les écosystèmes fragiles. Attention aux plantes urticantes comme les orties ou la berce du Caucase. Adaptez votre équipement aux conditions météorologiques. Les personnes à mobilité réduite peuvent participer via l'observation depuis des points fixes, des espaces aménagés ou même depuis leur fenêtre. En cas de découverte d'un animal sauvage blessé, contactez le centre de soins de la faune sauvage le plus proche.