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Observation de la nature | Devenez acteur de la science participative en France

Participez à des projets scientifiques en observant la nature autour de vous. Que ce soit dans votre jardin, un parc local ou lors de randonnées, vos observations aident les chercheurs à mieux comprendre la biodiversité et les changements environnementaux.

Publié le Dernière mise à jour le

Introduction Visuelle

un homme prenant en photo un plan d'eau avec un appareil photo
un hibou perché sur une branche d'arbre
Photo by Erik Karits on Unsplash
un hibou assis sur une branche d'arbre dans les bois
Photo by Erik Karits on Unsplash
hibou perché sur une branche d'arbre en journée
hibou brun et blanc sur un récipient en plastique orange
Photo by Erik Karits on Unsplash
un oiseau debout sur un arbre
hibou brun sur une branche d'arbre brune en journée
Photo by Erik Karits on Unsplash
Une femme prend des photos dans une forêt dense.
un oiseau perché au sommet d'une branche d'arbre
un hibou perché sur un arbre
un pygargue à tête blanche perché au sommet d'une branche d'arbre
femme en robe noire et blanche debout sur une bûche en bois brun entourée d'herbe verte
Photo by Erik Karits on Unsplash
un hibou perché sur une colline moussue
Photo by Erik Karits on Unsplash
aigle debout sur une branche d'arbre regardant un écureuil noir
hibou brun sur une branche d'arbre en journée
Photo by Erik Karits on Unsplash
un hibou perché sur une branche d'arbre
Photo by James Lee on Unsplash
un oiseau perché sur une branche d'arbre dans une forêt
Photo by Erik Karits on Unsplash
hibou brun perché sur une branche d'arbre en journée
un rapace perché sur une branche d'arbre
écureuil brun sur une branche d'arbre

Anticipation

Ce matin-là, en me réveillant, j'ai senti une excitation inhabituelle. J'avais prévu ma première sortie d'observation naturaliste dans le parc des Buttes-Chaumont, mon carnet de terrain flambant neuf dans mon sac. La veille, j'avais passé des heures à feuilleter mon guide des oiseaux d'Île-de-France, essayant de mémoriser les différences entre la mésange charbonnière et la mésange bleue. "Et si je ne voyais rien ?", me suis-je demandé en enfilant mes chaussures de randonnée. J'avais téléchargé une application d'observation de la nature, recommandée par un collègue, mais je doutais de ma capacité à reconnaître quoi que ce soit. Pourtant, quelque chose me poussait à y aller, comme une envie de ralentir et de vraiment voir ce qui m'entourait après des mois à ne faire que passer devant sans regarder.

Dans le métro, j'observais mes voisins avec un œil nouveau. "Ils se doutent que je vais faire ma première sortie naturaliste ?" me suis-je amusé à penser. J'avais préparé mon téléphone, une petite paire de jumelles d'occasion achetée en ligne, et une casquette pour me protéger du soleil d'été. J'étais partagé entre l'excitation de l'aventure et une certaine appréhension de l'inconnu.

Immersion

Dès mes premiers pas dans le parc, j'ai été saisi par une cacophonie de pépiements et de gazouillis. Un merle noir s'est envolé d'un buisson, son cri d'alarme résonnant comme une sonnette d'avertissement pour les autres habitants du parc. Je me suis approché doucement d'un massif de lavande où bourdonnaient des abeilles, leur parfum enivrant se mêlant à l'odeur de terre chaude et d'herbe fraîchement coupée. "C'est comme si j'avais des œillères depuis toutes ces années", ai-je pensé en m'accroupissant pour observer une fourmi traînant une aile de mouche trois fois plus grosse qu'elle.

Mon téléphone a vibré : "Nouvelle observation enregistrée" indiquait l'application après que j'eus photographié une fleur de pissenlit. "Taraxacum officinale", affichait l'écran. Je n'aurais jamais cru qu'une simple "mauvaise herbe" puisse avoir un nom si élégant. Soudain, un éclair bleu a traversé mon champ de vision. Un geai des chênes s'est posé à quelques mètres, son plumage éclatant contrastant avec les feuilles vertes. J'ai retenu mon souffle, craignant que le moindre mouvement ne le fasse fuir. Le temps semblait s'être arrêté. J'ai noté dans mon carnet : "10h37 - Geai des chênes - cri rauque, reflets bleus sur les ailes - se nourrit de glands".

Plus loin, près de l'étang, j'ai découvert un monde miniature de libellules aux ailes irisées qui dansaient au-dessus de l'eau. L'une d'elles s'est posée sur ma main, ses ailes transparentes vibrant légèrement. Je pouvais sentir la chaleur du soleil à travers ses fines membranes. "Voilà ce que c'est que d'être vivant", ai-je pensé, ému par cette rencontre inattendue.

Réflexion

En quittant le parc, j'étais épuisé mais profondément apaisé. Mon téléphone affichait 5,2 km parcourus et plus de vingt espèces identifiées. Pourtant, ce n'était pas ces chiffres qui m'emplissaient d'une étrange sérénité, mais plutôt la sensation d'avoir redécouvert mon environnement avec des yeux neufs. Chez moi, en triant mes photos, j'ai été frappé par la beauté des détails que j'avais capturés : les écailles d'un papillon, la structure délicate d'une toile d'araignée, le regard curieux d'un écureuil.

Ce qui avait commencé comme une simple curiosité était en train de se transformer en passion. J'ai rejoint un groupe d'observation en ligne et découvert une communauté bienveillante de passionnés, toujours prêts à partager leurs connaissances. Trois mois plus tard, j'ai même participé à un comptage d'oiseaux organisé par une association de protection des oiseaux. Aujourd'hui, je ne sors plus jamais sans mon carnet et mon téléphone, et je me surprends à ralentir le pas pour observer une fleur ou écouter le chant d'un oiseau.

L'observation naturaliste a changé ma perception du temps et de l'espace. Ce qui me semblait autrefois être un simple trajet pour aller au travail est devenu une opportunité de repérer des faucons crécerelles sur les toits parisiens. Et quand je vois des gens pressés, le regard rivé sur leur téléphone, je ne peux m'empêcher de sourire en pensant à tout ce qu'ils ne voient pas. Comme disait mon grand-père, un ancien paysan : "Pour voir, il faut d'abord apprendre à regarder." Il avait raison, comme toujours.

Vos observations alimentent les bases de données des chercheurs pour mieux comprendre l'évolution des espèces et des écosystèmes en France.
L'observation attentive développe une relation profonde avec la nature environnante, réduit le stress et améliore le bien-être mental, comme le montrent les études sur la sylvothérapie.
C'est une façon concrète d'apprendre sur les écosystèmes locaux et de sensibiliser son entourage à la protection de la biodiversité française.
Activité praticable partout, à tout âge, sans équipement coûteux, que ce soit en ville, à la campagne ou même depuis son balcon.
Affûte votre sens de l'observation, votre patience et votre capacité à être présent dans l'instant, des compétences précieuses dans un monde hyperconnecté.
Permet de détecter des changements dans votre environnement immédiat, comme l'arrivée d'espèces invasives (frelon asiatique, moustique tigre) ou la disparition d'espèces locales.
Rejoignez une communauté de passionnés à travers des associations comme la LPO, des sorties nature ou des programmes de sciences participatives.
Vos observations d'aujourd'hui serviront aux générations futures pour étudier l'évolution de la biodiversité et les effets du changement climatique.
  1. Téléchargez une application d'observation de la nature
  2. Commencez par observer depuis votre fenêtre ou votre balcon pour vous familiariser avec les espèces communes (moineaux, mésanges, pigeons)
  3. Apprenez à reconnaître 5-10 espèces d'oiseaux et de plantes courants dans votre région (mésange, merle, pâquerette, pissenlit...)
  4. Participez à des programmes d'observation comme le comptage des oiseaux des jardins organisé par le Muséum
  5. Rejoignez un groupe local d'observation (LPO, associations naturalistes) pour apprendre des experts
  6. Tenez un carnet de bord numérique ou papier pour noter vos observations et suivre vos progrès
  7. Partagez vos plus belles découvertes avec la communauté en utilisant des mots-clés pertinents
  8. Participez à des sorties guidées dans les parcs naturels régionaux ou les réserves naturelles proches de chez vous
  • Un smartphone avec des applications d'identification d'espèces
  • Un carnet de notes et un crayon
  • Des vêtements adaptés aux conditions météorologiques
  • Une gourde isotherme et de la crème solaire bio
  • Un guide d'identification des espèces locales (version papier ou numérique)
  • Une loupe de poche pour observer les petits détails
  • Un sac à dos léger pour ranger vos affaires
  • Un peu de patience et de curiosité

Respectez la faune et la flore en gardant une distance raisonnable. Ne prélevez pas d'échantillons sauvages. Restez sur les sentiers balisés pour préserver les écosystèmes fragiles. Attention aux plantes urticantes comme les orties ou la berce du Caucase. Adaptez votre équipement aux conditions météorologiques. Les personnes à mobilité réduite peuvent participer via l'observation depuis des points fixes, des espaces aménagés ou même depuis leur fenêtre. En cas de découverte d'un animal sauvage blessé, contactez le centre de soins de la faune sauvage le plus proche.

Pas du tout ! Les applications modernes d'identification facilitent grandement la reconnaissance des espèces. Chaque observation compte, même si vous ne connaissez pas le nom de l'espèce. La communauté en ligne vous aidera à affiner vos identifications.
Cinq minutes par jour suffisent pour commencer. L'important est la régularité plus que la durée. Beaucoup d'observateurs notent simplement ce qu'ils voient pendant leur pause déjeuner ou en promenant leur chien.
Absolument ! Les parcs urbains, les jardins partagés, les bords de Seine ou même les rues arborées regorgent de vie. Les parcs urbains abritent de nombreuses espèces différentes, des oiseaux aux mammifères en passant par une grande variété d'insectes pollinisateurs.
Votre smartphone suffit pour commencer. Une paire de jumelles d'entrée de gamme peut être utile pour l'observation des oiseaux, mais ce n'est pas indispensable immédiatement. Privilégiez des vêtements discrets et des chaussures confortables.
Commencez par des groupes faciles à reconnaître comme les oiseaux des jardins ou les arbres communs. Les sorties organisées par des associations naturalistes locales sont idéales pour apprendre des experts. Les guides de terrain comme le 'Guide ornitho' ou la 'Flore de France' sont également de précieux alliés.
Le printemps et l'automne sont idéaux pour l'observation des oiseaux migrateurs. En été, privilégiez le matin tôt ou en fin d'après-midi quand les températures sont plus fraîches. L'hiver permet d'observer plus facilement les oiseaux qui viennent aux mangeoires.
Transformez l'observation en jeu ou en chasse au trésor avec des applications adaptées aux enfants. Les enfants adorent utiliser des jumelles et prendre des photos. Commencez par des espèces faciles à repérer comme les écureuils ou les canards.
Notez toujours la date, l'heure, le lieu précis et les conditions météo. Prenez plusieurs photos sous différents angles. Pour les plantes, photographiez les feuilles, les fleurs et l'écorce. N'oubliez pas de mentionner le comportement observé (chant, nourrissage, vol, etc.).
De nombreux programmes existent en France pour les insectes pollinisateurs, la biodiversité urbaine ou encore le suivi des rythmes saisonniers. La plupart proposent des protocoles simples et des outils d'aide à l'identification.
Gardez vos distances et observez sans déranger. Ne nourrissez jamais les animaux sauvages. En cas de découverte d'un animal blessé, contactez le centre de soins de la faune sauvage le plus proche ou les autorités compétentes.
Les zones de lisière entre deux milieux (forêt/champ, étang/bois) sont souvent riches en observations. Les points d'eau attirent de nombreuses espèces. En ville, les parcs, les cimetières arborés et les berges de rivières sont des spots intéressants. Les réserves naturelles proposent souvent des observatoires aménagés.
Au-delà de l'observation, vous pouvez installer des nichoirs, planter des espèces locales, participer à des chantiers nature, réduire l'éclairage nocturne, ou encore limiter l'usage de pesticides dans votre jardin. Chaque geste compte pour préserver la biodiversité de notre territoire.

Ouvrez l'œil et contribuez à la science depuis votre fenêtre !